Lancement d’un projet informatique


La décision de lancer un projet informatique appartient généralement au Comité de Direction et correspond généralement à des objectifs stratégiques : gains de productivité, réduction des coûts, amélioration de la gestion, passage sous assurance Qualité .

Je fais une pause pour vous raconter un souvenir marquant :

Je revois encore un de mes anciens boss , que j’aimais bien , hurler de rage dans les couloirs, parce que suite à un gros incident qui avait des conséquences financières importantes et l’obligeait à prendre une décision urgente, le contrôleur de gestion était incapable de lui sortir un état du budget dans l’heure, avec tous les moyens informatiques dont on disposait.

Ca a chié ! Mais sur le fond il avait raison..

dans l’heure : était en plus un objectif mesurable, un but atteindre.

Idem lors du passage sous Assurance Qualité : pour calculer le coût de la Non Qualité , un des indicateurs les plus importants, malgré leur usine à gaz , il a fallu faire une comptabilité à part avec des doubles saisies…

Il aurait suffi de rajouter une case à cocher et une ou deux clés. pour pouvoir faire des calculs par domaines et lier des dossiers.

Alors que dans le domaine technique on avait des systèmes sophistiqués qui s’apparentent au yeld management ( bien avant qu ‘on en parle et que ça devienne à la mode) avec des calculs de prix de revient en temps réel , pour optimiser les coûts de production…

Un projet peut être lancé , pour répondre à une obligation règlementaire ou à des incitations fiscales par exemple les économies d’énergie qui ont abouti à deux projets informatiques d’un genre nouveau :

– la nouvelle loi de finance : Chorus

– la gestion technique des batiments

– les compteurs intelligents

( où hélas le consommateur est un peu largué, la tarification n’étant pas des plus claires, alors qu’ à la base le principe est simple : il s’ agit pour lisser la courbe de consommation nationale de différer certaines consommations des heures de pointe , vers les heures creuses, un peu moins brutalement que les tarifs jour/nuit qui génèraient une pointe lors du passage au tarif de nuit, contre un avantage tarifaire, puisque ça évite d’investir dans des moyens de production qui ne serviront que pour les pointes de consommation. Hélas il manque un étage pour le pilotage des appareils domestiques et du chauffage et que le particulier doit jouer avec ses programmateurs lorsqu ‘ils existent pour limiter sa puissance )

Il est rare qu ‘on fasse des projets pour perdre de l’argent, sauf si on y est contraint par la règlementation. il y aura toujours un volet finacier et un calcul économique, qu ‘on ne sait pas faire au moment du lancement.

Des projets peuvent naître de la recherche, d’une idée nouvelle , géniale… mais pour qu ‘ils se concrétisent il faut un marché et proposer un service qui corresponde à un besoin général à un coût acceptable..

– les velibs

– les parkings à vélo sécurisés sans personnel ( projet INRIA )

– localisation, téléalarmes ou surveillance de personnes agées seiules , à domicile.

– géolocalisation d’une flotte de camions, avec d’autres objectifs que la localisation..

– la domotique ( qui regoupe aujourd’hui plusieurs services et laisse encore de la place à l’imagination )

Mais chaque fois c’est un service , avec un coût ( investissement , abonnement , frais de fonctionnement , de maintenance ) et aussi une qualité de service .

Mais tous les objectifs ne sont pas mesurables :

Par exemple lorsqu’ on commence à dire : on va informatiser tout ça pour supprimer des emplois ?

Souvent les calculs économiques sont théoriques quand ils ne sont pas falsifiés, pour justifier l’objectif de réduction d’emplois..

On raisonne trop souvent en termes réduction de charges ( qu ‘on sait chiffrer parfaitement ) au lieu de raisonner en temes d’amélioration de conditions de travail et de gains de productivité.

Une pompe à essence , ça marche tout seul avec un automate , ça marche encore mieux avec une boutique à coté qui propose des services..

J’ai vu un cas , où il a fallu rembaucher du personnel , après une analyse de risques : dans une situation tendue , une seule personne ne peut pas être à trois endroits à la fois.. Un désaveu total de cette politique. Il vaut mieux réfléchir à ce qu ‘on peut faire faire à ces gens en situation normale et aux gains qu ‘ils pourraient apporter.. Un gars qui tombe malade ou a un accident, on est en situation tendue, on prend des risques et on est parfois en dehors de la légalité, vis à vis du code du travail.. Les risques, ça s’évalue selon criticité probabilité et peuvent aboutir à des dégats avec des coûts astronomiques, bien supérieurs aux gains escomptés avec ce genre de projets.. C’est le deuxième désaveu.


Un exemple de projet banal : Monter un site de vente en ligne..

Le business en ligne n’est pas mon domaine, ni ma tasse de thé ( mon blog s’appelle systèmes embarqués ) mais une amie qui a du beaucoup insister m’a demandé de lui en faire un ( à titre amical et gracieux ) et on est parties comme ça à l’arrache.

On a découvert les problèmes les uns après les autres, faisant confiance au baratin d’un CMS et des divers conseils donnés sur le forum.

Souvent ce genre de projet démarre comme ça.

Avec un CMS c’est fait en quelques jours.. Mais l’ensemble de l’activité de e-commerce mérite que le projet soit mieux défini.

Les couts ne se limitent pas à la réalisation du site et à la facture annuelle de l ‘hébergement.

Il y a au moins deux aspects importants : le référencement et la sécurité du site web, et j’ajouterais deux autres : la gestion du back office et la logistique .

Si le site fonctionne bien, pour une PME qui a déjà son activité normale , c’est une charge de travail supplémentaire importante…

Et comment intègre -t-on la gestion des stocks , la facturation avec le système existant dans l’entreprise. Tout re saisisr à la main ?

Idem si la logistique ne suit pas le rythme des commandes et que les produits ne sont pas en stock, le site va vite passer aux oubliettes..

Un autre job : celui de webmaster. est ce qu ‘on a les compétences ? sur un serveur dédié c’est encore plus compliqué, mais beaucoup plus sur..

Il y a aussi une partie « Com » non négligeable avec des interfaces avec les réseaux sociaux , youtube etc..

Plus les photos de produits ( je ne vous explique pas la difficulté de prendre en photo des objets en plexi totalement transparents ) .

On voit fréquement des sites de e-commerce se faire pirater..ou infecter et tous les visteurs vont fuire votre site et en parler sur les forums ou facebook, ruinant tous vos efforts publicitaires et investissements…il faut des mois pour récupérer les visiteurs et si votre stock d’été vous est resté sur les bras.. c’est de la perte.

On est déjà dans l’analyse de risques, mais c’est pour dire que le lancement du projet ne se résume pas à dire : je veux faire un site de e-commerce.

Cette amie qui avait payé son site n’avait même pas le mdp de l’hébergeur prise en otage ( un particulier qui avait un serveur dédié et proposait des sites web mutualisés , et proposait un service de référencement sinon le site ne décolle pas ) Lorsqu ‘elle a voulu récupérer ses données et son site , comme par hazard le site était crashé !

Sur internet vous aurez tout de suite la réponse : tel CMS, tel hébergeur sont biens.. S ‘adresser à des professionnels , bien sûr, vous aurez un site clé en main , mais ce n’est pas sur qu ‘il corresponde à vos attentes si vous n’avez pas su les exprimer. Quand à leurs défauts, ce n’est pas ce qui manque, mais ils sont longs à découvrir

Sans rentrer dans les détails techniques, pour définir le projet, y compris vis à vis d’un professionnel ou d’un dévelopeur free-lance il est préférable d’étudier le sujet pour bien définir son projet et savoir où on va en terme de coûts. Tout un tas de services se sont dévelopés autour du e-commerce et chaque fois il faut payer.. la facture grimpe très vite.

C’est eux qui font un bon business, vu le nombre de site de ecommerce ..

Si on ajoute un serveur dédié, un certificat Verisign, qui nécessite une IP fixe chez l’hébergeur, donc un supplément, plus le coût du piement en ligne, plus le référencement, ce sont des charges et il faut vendre avant d ‘en tirer un bénéfice.

Si c’est pour travailler tous les soirs jusqu ‘à minuit parce que dans la journée on a son activité normale.. qu ‘il faut relancer ses fournisseurs, répondre aux questions des clients. Rentrer des promos, des nouveaux produits. Préparer les expéditions.. Forcément dans une PME ça a un impact sur l’organisation et si elle ne suit pas, c’est suicidaire et il restera les charges..

On espère augmenter ses ventes de combien ?

On raisonne en terme d’objectif, mesurable.. et on saura quels moyens financiers on peut y mettre et quelle organisation il faudra mettre en place. Ce sera défini dans le projet.

Ca concerne combien de produits ?

Pour une moyenne entreprise , parfois on voit un couplage du site de vente en ligne avec l’ ERP. ( c’est ce que propose EzPublish avec Open ERP ) c’est sans objet si on vend des bibelots à trois euros ou des sachets de tisane, mais si vous fabriquez sur commande, pour des distributeurs ou détaillants , dont le site web est l’interface d’accès. il faut un peu plannifier.

Si derrière il y a une chaine de fabrication automatique, et que vous produisez du rouge, si les commandes indiquent du bleu, en urgence il faudra produire du bleu…

L ‘étude du projet complet peut donc aller assez loin.

Au contraire si vous avez des fournisseurs, on peut imaginer que les commandes de réapprovisionnement sont passées automatiquement à la semaine ou en fin de journée, après une validation , bien sûr en tenant compte du stock..

Ca un impact direct sur la fiabilité des commandes passées sur le web, car les e-commerce sont parfois farcis de commande bidons, qu ‘il faut trier . Il existe des controles de cohérence pour détecter ces commandes bidons, des dispositifs d’enregistrement et d’authentifications plus fiables, et des confirmations a posteriori.

Ce n’est pas le moment de les définir, mais si on n’indique pas dans le projet, qu’ on souhaite une fiabilité à ce niveau, ça risque d’être difficile plus tard et ce sera un développement supplémentaire. .

Payement en ligne ou pas ?

Un site limité à la France ou veut -on vendre à l’international ?

C ‘est aussi un objectif à définir et il y a aussi tout l’aspect réglementaire.

A l’usage le problème est un peu plus compliqué que d’avoir un site multilingue..

On va dire donc qu ‘on est dans l‘avant projet.

Un phase d’étude préliminaire qui permet de s’informer sur le sujet, de voir les offres , les prix, de voir des exemples, d’estimer les coûts, les conséquences., et de choisir un prestataire à qui on remettra le projet..

Ce n’est pas anodin , car ça peut aboutir à l’utilisation d’un simple CMS avec divers plugins ou modules . Mais ils ne sont pas toujours compatibles entre eux, et c’est souvent plus compliqué d’adapter un CMS, avec les risques d ‘introduire des vulnérabilités ( une spécialité de Joomla ) que d’en faire un sur mesure, qui correspond parfaitement aux besoins…

J’ai découvert Simfony un framework qui a l’air pas mal . développé par des français ( mais tout leur site est en anglais . il utilise les classes PHP et inspiré de Zenworks ( mais la doc simfony est plus accessible )

Puis Diem , un CMS basé sur Simfony, qui intègre toute la partie SEO, laissant loin derrière les autres CMS. Son développeur génial et bénévole a trouvé un job et c’est une nouvelle équipe qui reprend Diem avec un problème de changement de version important sur Simfony.

C ‘est un risque ! que le développement du CMS s’arrète ou que sont dévelopement s’éternise. Il est plus simple de repartir from scratch, que de chercher à comprendre ce qu ‘ils ont voulu faire avec un machin configurable , toujours plus compliqué ..

Une revue spécialisée conseille d’associer Drupal pour le portail et Magentoo pour la boutique ( bof !!! je ne suis pas convaincue du gain et je n’aime pas drupal )

Pour continuer sur le sujet de nombreux CMS utilisent des templates, par exemple EzPublish , mais vu la médiocité des exemples de templates disponibles , ça ne doit pas être simple à réaliser . Si je dois recommencer, Simfony intègre un système de templates qu ‘il sera plus facile de maîtriser. Sinon on en trouve mais ils sont payants..

Après avoir testé pas mal de CMS du point de vue sécurité contre les attaques, il m’est venu une idée originale , qui revoit complètement le classique serveur LAMP sur lequel on met un CMS en hébergement mutualisé , je pense que cette architecture qui permet d’héberger facilement un site web avec une contrepartie négative sur la sécurité devra être revue un jour prochain avec l’augmentation des attaques de sites webs…

Un autre projet !

( intéressant de par son aspect technique et sécurité.)

La protection des sites web est traitée comme la ligne Maginot : on se focalise sur un front et les pirates passent à coté. pour un blog c’est pas grave, pour un e-commerce , si on fait l’inventaire des risques, c’est à la limite de l’inconscience… Après on s’étonne.

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